Topher White connecte la forêt tropicale pour la préserver

Qu’y a-t-il dans la forêt tropicale ? Un réseau cellulaire étonnamment performant et des gens connectés, habitués à utiliser leur smartphone.

La déforestation est responsable d’une grande partie des émissions de gaz à effet de serre et précipite l’extinction de masse des animaux. Or, selon Interpol l’abattage illégal représente entre 50 et 90 % des activités de déboisement dans certains pays.
 
Pour Topher White, jeune ingénieur américain, il faut donner aux autorités locales les moyens de faire respecter la réglementation pour lutter efficacement contre la déforestation. Son idée ? Écouter attentivement les bruits de la forêt grâce à de vieux téléphones portables recyclés.
 
L’idée lui est venue en 2011, à l’occasion d’un voyage à Bornéo, en Indonésie. Alors qu’il visite une réserve de gibbons au cœur de la forêt tropicale, il tombe nez à nez avec un homme en train d’abattre un arbre.
 
La réserve appartient à l’association française Kalaweit, qui a pour objectif la sauvegarde des gibbons et de leur habitat en Indonésie. Pour Kalaweit, l’abattage illégal d’arbres est un problème quotidien, et l’association est contrainte d’employer plusieurs gardes forestiers.
 
Ce qui frappe Topher White, lors de cette rencontre inopinée, c’est que l’homme agit à quelques centaines de mètres seulement de la cabane des rangers. Couvert par le bruit de la forêt, le bruit des tronçonneuses passe quasiment inaperçu.
 

Le son de la déforestation

Pour lutter contre ce fléau, il faut donc rendre audible le son des tronçonneuses… De retour aux États-Unis, Topher White met au point un prototype et fonde Rainforest Connection.
 
Installé sur les arbres, le dispositif RFCx est composé d’un vieux téléphone portable équipé de microphones qui captent les sons ambiants jusqu’à 1 km à la ronde. Un système de panneaux solaires maison, fabriqué lui aussi à partir de matériaux recyclés, alimente le RFCx malgré l’ombre qui règne sous la canopée.
 
Lorsque le bruit d’une tronçonneuse est détecté, le téléphone transmet une alerte à un serveur qui envoie un e-mail et un SMS aux gardes, qui peuvent dès lors intervenir pour faire cesser l’abattage immédiatement.
 

« Il ne s’agit plus de découvrir un arbre qui vient d’être coupé. Il ne s’agit plus d’observer des arbres depuis un satellite dans une zone qui a été déboisée, il s’agit d’intervenir en temps réel », affirme Topher White.

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