Mangues + algues = bioplastique, voici l’équation d’un chercheur des Philippines

Publié le 09 janvier 2020

Pour lutter contre les plastiques à usage unique, Denxybel Montinola, un scientifique philippin, a créé un bioplastique à partir d’algues et de déchets de mangues. Son avantage ? Il se dissout dans l’eau.

Ce bioplastique se dissout complètement dans l’eau sans produire de résidus toxiques après seulement 10 minutes.

Chaque année, 8 millions de tonnes de plastique sont déversées dans les océans. Et plus de la moitié provient de cinq pays d’Asie : la Chine, l’Indonésie, les Philippines, la Thaïlande et le Vietnam, selon une étude publiée par l’ONG Ocean Conservancy. « À l’heure actuelle, nous n’avons pas un bon système de recyclage aux Philippines. Et beaucoup de gens utilisent encore du plastique à usage unique, c’est dommage », déplore Denxybel Montinola.

Pour lutter contre les ravages provoqués par ces produits, ce scientifique récemment diplômé de l’université de San Carlos aux Philippines a dévoilé, en août 2019, un nouveau bioplastique composé d’un mélange d’algues et d’épluchures de mangues. Plus précisément, le matériau se compose de carraghénane – une substance gélifiante – et de pectine, qui a pour propriété de maintenir ensemble les tissus végétaux. 

Contrairement aux plastiques synthétiques qui libèrent des microplastiques polluant l’eau et les sols, le bioplastique inventé par Denxybel Montinola se dissout complètement dans l’eau sans produire de résidus toxiques après seulement 10 minutes. De cette manière, les Philippines pourraient réduire drastiquement la pollution due aux plastiques à usage unique, entrant ainsi dans une véritable logique d’économie circulaire.

 

Valoriser les déchets de mangues 

Mais pourquoi utiliser de la mangue ? Avec 825 676 tonnes produites par an, les Philippines se classent au neuvième rang des pays producteurs de mangues et de produits dérivés (mangues séchées, bonbons aromatisés…). Conséquence : une production de déchets qui explose dans les usines de traitement du fruit. Mais une aubaine pour Denxybel Montinola.

Le scientifique voit là une ressource facilement accessible et peu coûteuse pour fabriquer son bioplastique. Au quotidien philippin Cebu Daily News, il précise que le matériau obtenu est « résistant et flexible et qu’il imite la résistance mécanique du plastique ». Autre avantage : le mélange de pectine et de carraghénane – en d’autres proportions – peut également servir à la production du collagène. Appliqué sur la peau, il pourrait « prévenir les infections virales ou contrôler les saignements locaux », dit-il. 

Prochaine étape ? Poursuivre les recherches afin d’améliorer la qualité de ce bioplastique. « Je souhaite prolonger sa durée de vie, par exemple, d’une semaine ou d’un mois. » Et pourquoi pas trouver de nouvelles applications à son innovation pour en finir avec l’utilisation de plastique synthétique.

 
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