« Lina », la première voiture biodégradable

Des étudiants néerlandais ont mis au point une résine naturelle capable de remplacer les matériaux polluants actuellement utilisés pour fabriquer le châssis et la carrosserie des voitures.

Des étudiants de l’université technologique d’Eindhoven travaillent sur une V2 afin de concevoir une voiture plus résistante, mais aussi connectée, et pourquoi pas autonome.

Qu’est-ce qui est composé de fibres de lin et de betteraves à sucre et qui ne se mange pas ? Une voiture biodégradable, bien sûr ! C’est la récente invention d’un groupe d’étudiants de l’université technologique d’Eindhoven, aux Pays-Bas. Un véhicule conçu presque entièrement avec des matériaux issus de la nature et donc totalement recyclables.

 

Cette initiative est née de la volonté des étudiants de trouver une alternative écologique aux matériaux actuellement utilisés pour la conception des véhicules. En effet, aujourd’hui, les constructeurs cherchent en priorité à réduire le poids des voitures pour qu’elles consomment moins d’énergie et qu’elles émettent ainsi moins de CO2. Pour cela, ils utilisent des matières de plus en plus légères, comme la feuille d’aluminium ou encore la fibre de carbone… en oubliant souvent que leur fabrication génère beaucoup de CO2.

 

Résultat, même si le véhicule pèse moins lourd et consomme donc moins d’énergie, sur la totalité de son cycle de vie, son taux de pollution est quasiment équivalent à celui d’une voiture plus lourde. L’enjeu donc : inventer des véhicules moins polluants dès leur conception…

 

Résine 100 % naturelle

Des étudiants néerlandais de l’université technologique d’Eindhoven ont mis au point un matériau qui présente les mêmes caractéristiques de résistance et de légèreté que l’aluminium ou la fibre de carbone, mais qui est beaucoup plus respectueux de l’environnement. Et pour cause : il est composé uniquement de matières naturelles : des fibres de lin et de l’acide polylactique (PLA) – issu de la fermentation de betteraves à sucre –, qui permet de fabriquer du bioplastique, dont on se sert notamment pour faire des sacs en plastique biodégradables. En alternant plaques de fibres de lin et plaques de PLA, on obtient une résine qui remplace parfaitement les matériaux utilisés pour fabriquer le châssis et la carrosserie d’une voiture.

 

Le prototype mis au point a été baptisé « Lina ». Propulsée par un moteur électrique, c’est une petite voiture de ville de seulement 310 kg (contre environ 1 500 kg pour une voiture traditionnelle) qui peut transporter quatre personnes à une vitesse maximale de 80 km/h. Seuls ses roues et son système de suspension ne sont pas composés de matériaux biosourcés. Cela en fait donc la première voiture biodégradable, dont la quasi-totalité des pièces peut être transformée et réutilisée. Présentée en mai 2017 lors de la Dutch Technology Week, elle a fait une arrivée remarquée.

 

Révolution automobile

Bien sûr, Lina n’est encore qu’un prototype et elle ne passerait probablement pas les crash tests dans la mesure où la résine qui la compose se casse alors que le métal des voitures classiques se plie. Néanmoins, les étudiants ont prouvé qu’il était possible d’utiliser un matériau 100 % naturel et renouvelable pour créer des véhicules fonctionnels. Ils ne comptent d’ailleurs pas s’arrêter là et ont déjà annoncé qu’ils travaillaient sur une seconde version de Lina, pour obtenir une voiture plus résistante, mais aussi connectée, et pourquoi pas autonome.

 

Avec cette initiative, ils ont surtout démontré leur volonté de trouver des solutions de mobilité durables. Oui, la révolution automobile est bien en route !


 
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