L’économie circulaire au service de la lutte contre la pauvreté

Posted on 15 septembre 2020.

En Argentine, à Buenos-Aires, la soupe populaire En-Haccore utilise l'économie circulaire pour lutter contre la pauvreté. Elle a notamment recours au compost urbain et à un biodigesteur pour transformer les déchets alimentaires en énergie.

Nous pouvons prendre soin de l’environnement en améliorant la qualité de vie des gens et en facilitant leur accès à l’énergie et à une alimentation saine. 

En Argentine, quelque 3 millions de personnes vivent dans des bidonvilles. En 2017, l’un de ces bidonvilles a connu une petite révolution, avec la mise en place d’un projet respectueux de l’environnement. Tout avait commencé en 1993 avec la création d’une soupe populaire à Ciudad Oculta, un quartier pauvre de la capitale Buenos Aires.

Vingt-sept ans plus tard, l’association En-Haccore distribue toujours des repas dans le quartier à quelque 300 personnes du lundi au vendredi. Avec une particularité : elle intègre désormais l’économie circulaire à sa démarche grâce au soutien du Centre pour la durabilité des gouvernements locaux (CeSus).

Parmi ses actions figure l’installation d’un capteur solaire thermique, qui transforme l’énergie solaire en chaleur. Dans ce quartier pauvre de la ville où il n’existe pas de raccordement aux canalisations de gaz naturel, ce dispositif permet aux habitants d’acheter moins de bouteilles de gaz et favorise leur accès à l’énergie.

Les déchets produits par la soupe populaire sont, quant à eux, utilisés pour produire du compost destiné au jardin installé sur le toit de l’association. Ils alimentent également un biodigesteur.
Ce dispositif technique transforme les résidus organiques en biogaz, ce qui permet de dépenser moins en énergie pour la cuisson.« Nous étions submergés par les déchets, car les bennes à ordures ne viennent pas toujours ici. [Ce biodigesteur] est un rêve devenu réalité », précise Bilma Acuña, la créatrice de la soupe populaire de Ciudad Oculta à l’agence de presse Inter Press Service.

Un point de collecte pour l'huile de cuisson usagée a également été mis en place au sein du bidonville. Une fondation la récupère régulièrement pour fabriquer du biodiesel. D’une manière générale, le projet lancé par En-Haccore vise à reproduire le fonctionnement de la nature au cœur de la ville. 

Des ateliers de formation à l’économie circulaire

« Nous pouvons prendre soin de l’environnement en améliorant la qualité de vie des gens et en facilitant leur accès à l’énergie et à une alimentation saine », souligne Gonzalo del Castillo, en charge de l’initiative pour le CeSus.

Pour cela, le projet expérimental inclut la participation des habitants du quartier à des ateliers de formation. À l’agence de presse IPS, Alejandra Pugliese confie par exemple que sa présence à des ateliers de jardinage urbain a changé sa manière d’envisager les choses : « J'ai pris conscience qu’il était possible d'améliorer ma qualité de vie, même avec peu de ressources en me connectant aux cycles naturels. »
À l’avenir, le CeSus espère voir cette logique circulaire s’appliquer à l’ensemble de Buenos Aires, pour que la ville devienne un véritable écosystème.