À Hong Kong, on s’applique à surcycler

Posted on 31 March 2020.

La gestion des déchets représente un défi monumental pour la mégapole chinoise. La Crossroads Foundation a créé une application mobile pour inciter les habitants à faire don de leurs objets usagés et leur offrir ainsi une seconde vie.

Depuis sa création en 2017, l’application a déjà permis de donner une seconde vie à près de 21,5 tonnes d’objets.

« Une solution nouvelle à un problème ancien. » C’est ainsi que la Crossroads Foundation, une ONG de Hong Kong, décrit son projet baptisé GoodCity, initié en 2017 et aujourd’hui largement répandu parmi la population de la mégapole chinoise.

Le principe est simple : sur l’application mobile ou sur le site web, les Hongkongais prennent en photo les biens dont ils ne se servent plus. En un clic, les bénévoles de l’ONG estiment si l’objet peut être réutilisé ou non. Si c’est le cas, un livreur vient chercher le bien au domicile du donateur.

Par la suite, les quelque 400 associations locales piochent dans le catalogue de la Crossroads Foundation pour trouver des vêtements à donner aux sans-abris, des meubles à offrir aux moins aisés, etc. Un procédé qui permet d’être 90 % fois plus rapide pour traiter et collecter des biens à surcycler.

Depuis sa création en 2017, l’application a déjà permis de donner une seconde vie à près de 21,5 tonnes d’objets. Autant de déchets évités.

 

Question de survie

Car le problème de la gestion des déchets revêt une importance vitale à Hong Kong plus que dans n’importe quelle autre grande aire urbaine. Quatrième métropole la plus densément peuplée au monde, la cité souffre d’une surface restreinte. Les treize sites de traitement des déchets se voient peu à peu grignotés par la création de terrains de sport et de parcs pour rendre la ville plus verte.

« À ce rythme, nous atteindrons une vraie crise de gestion des déchets d’ici 2020 », estimait dès 2017 un responsable du service de protection de l’environnement de la ville dans une interview à la BBC. Impossible en effet d’absorber les 10 733 tonnes de déchets produites par Hong Kong chaque année dans des sites d’enfouissement qui rétrécissent.

Le surcyclage, qui donne une seconde vie à des objets destinés à la poubelle, apparaît donc comme un enjeu de société de premier ordre. Pas sûr cependant que les quelques tonnes de déchets évitées par l’application GoodCity suffisent à résoudre le problème.