Et si vous faisiez votre compost vous-même ?

La jeune entreprise Tributerre veut démocratiser la pratique du compostage dans une double logique de « zéro déchet » et de lutte contre la dégradation des sols.

Le Compostmètre doit permettre l’émergence d’une pratique participative du compostage.

Alors que l’urbanisation et l’agriculture intensive appauvrissent les sols, nos poubelles contiennent 30 % de déchets alimentaires et autres déchets végétaux susceptibles de régénérer les terres. Épluchures de légumes, coquilles d’œufs, déchets de viande et de poisson, restes de repas, fleurs fanées… Ces biodéchets, le plus souvent incinérés ou enfouis, sont une matière organique qui pourrait revenir à la terre et la nourrir sous forme de compost.

 

Pour encourager la pratique du compostage comme alternative à l’enfouissement et à l’incinération, la start-up Tributerre a eu l’idée de développer un outil pédagogique qui accompagne tout un chacun pas à pas dans la réalisation d’un compost « fait maison ».

 

Selon la jeune entreprise fondée en 2016, « ne pas savoir » (comment faire, quoi mettre, quoi faire avec son compost…) est le principal frein à l’adoption du compostage. Elle a donc mis au point un objet connecté, le Compostmètre, qui apprend aux utilisateurs les gestes et techniques essentielles pour réaliser leur compost.

 

Il se compose de plusieurs éléments : une sonde munie de capteurs, qui se plante dans le compost pour mesurer son niveau de maturité ; un palet, qui collecte les informations recueillies par la sonde et qui indique les actions clés et le moment où il convient de les réaliser ; une interface web, qui permet de visualiser l’ensemble des indicateurs (humidité, température, pH, etc.) et d’accéder à des informations complémentaires, comme les usages possibles du compost.

 

Une démarche communautaire

« Notre vision est celle d’une société circulaire dans laquelle le déchet est une ressource et où le citoyen a envie de participer activement à la préservation de l’environnement et des ressources naturelles », peut-on lire sur la page de la campagne de crowdfunding lancée par Tributerre cet été. Car l’activité de l’entreprise ne se limite pas à la vente d’un objet connecté. Le Compostmètre doit en réalité permettre l’émergence d’une pratique participative du compostage et la création, à l’échelle locale, de véritables communautés : les « tribus ».

 

Une tribu rassemble tous les acteurs du compostage, du novice au maître composteur. Ses membres (2 940 au total selon Tributerre) mutualisent les pratiques et les savoirs « dans une logique de collaboration et de co-construction d’une filière citoyenne de prévention et de gestion des bio-déchets ».


Si le Compostmètre est proposé en prévente aux particuliers, l’outil a vocation à être utilisé à plus grande échelle : l’entreprise vise les collectivités locales dont elle espère qu’elles prendront part à la démarche et accompagneront les citoyens qui le souhaitent vers la pratique du compostage. Dans cette optique, Tributerre a lancé le programme JeVeuxComposter.org visant à expérimenter une solution de compostage participatif dans « 10 territoires pionniers 2018 ».
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