Des bouteilles de shampoing transformées en prothèses 3D !

Pour préserver la faune et la flore marines polluées par le plastique, un ancien coiffeur australien recycle des bouteilles de shampoing pour en faire des prothèses de bras imprimées en 3D.

L’impression 3D est un secteur en pleine croissance, mais peu d’investissements ont été faits pour transformer les déchets plastiques en filaments d’impression.

Chaque année, les Australiens utilisent en moyenne 130 kg de plastique par personne, selon le WWF. Et seuls 12 % sont recyclés. Plus alarmant encore : jusqu’à 130 000 tonnes de ces déchets plastiques finissent leur route dans les cours d’eau et les océans, où ils polluent la faune et la flore marines.


Brooke Donnelly, la directrice générale d’APCO, une association chargée de lutter contre les conséquences néfastes des emballages sur l’environnement en Australie, explique au quotidien The Guardian : « L’Australie doit renforcer son industrie de recyclage et créer une économie circulaire, où les biens sont réutilisés et recyclés une fois consommés. »


Un avis partagé par Bernie Craven. Cet entrepreneur australien a eu l’idée de recycler des bouteilles de shampoing et d’après-shampoing en prothèses imprimées en 3D. L’idée est née en 2017 alors qu’il était encore coiffeur : « J’ai [exercé ce métier] pendant quarante ans, je connais donc les quantités de déchets que produisent les salons de coiffure. Il arrive un moment où il faut prendre ses responsabilités. »


Son entreprise Waste Free Systems collecte les différents types de déchets produits par les salons de coiffure dans le but de les recycler : carton, cheveux, feuilles d’aluminium ou encore bouteilles en plastique.
 

Recycler pour imprimer en 3D

« J’ai eu beaucoup de difficultés à trouver des moyens efficaces de recycler les bouteilles de shampoing et d’après-shampoing », explique-t-il au quotidien australien Herald Sun. Jusqu’au jour où il a l’idée de les surcyler en prothèses de bras, imprimées en 3D.

« L’impression 3D est un secteur en pleine croissance, mais peu d’investissements ont été faits pour transformer les déchets plastiques en filaments d’impression. Je pense qu’il s’agit d’une occasion manquée », ajoute-t-il.

Bernie Craven collabore avec 38 salons de coiffure du sud-est du Queensland, dont il collecte les bouteilles de shampoing et autres déchets plastiques. Une fois acheminés dans sa petite usine de fabrication de prothèses, les déchets sont triés, broyés et transformés en filaments d’impression 3D. En tout, 18 heures et 84 m de plastique ont été nécessaires pour fabriquer les deux premiers prototypes de bras de Waste Free Systems. 


Haley Wright, 12 ans, et Connor Wyvill, 11 ans – tous deux nés sans main gauche –, ont été sélectionnés pour les tester. Ils ont été mis en relation avec Bernie Craven grâce à e-Nable, un réseau mondial de bénévoles utilisant des imprimantes 3D pour fabriquer des prothèses destinées aux personnes ayant des revenus modestes.


Si les essais avec Haley Wright et Connor Wyvill s’avèrent concluants, l’ancien coiffeur espère pouvoir commercialiser ses prothèses abordables en Australie, puis dans d’autres pays où elles pourraient aider de nombreuses personnes.

 

CRÉDITS PHOTOS : image principale : © Noemie Rosset / Veoilia

 

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