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De la mer à la rue, les skateboards durables de Bureo

En 2010, trois amis surfeurs ont eu une formidable idée, bénéfique pour la planète comme pour les pêcheurs : il s’agit de recycler les filets de pêche pour les transformer en planches de skateboard.

« Privilégier un circuit court pour recycler les filets de pêche abandonnés, afin de préserver la faune et la flore maritimes du Chili. »

Pour les Américains David Stover, Ben Kneppers et Kevin Ahearn, qui ont passé leur adolescence sur une planche de surf dans les rouleaux du Pacifique, la préservation des océans est une priorité. En 2010, Ben le consultant en développement durable, David l’ingénieur mécanique et Kevin le designer ont eu l’idée d’un projet d’économie circulaire : fabriquer des planches de skateboard en récoltant les nombreux filets de pêche abandonnés dans les océans. Un vrai fléau : la California State Coastal Conservancy considère que 10 % de la pollution maritime mondiale est due aux 64 000 tonnes de filets perdus dans les mers.
 
Trois ans plus tard, le trio californien était sollicité par le Chili pour venir s’installer à Cocholgüe, un village de pêcheurs situé au centre du pays, et y développer ce qui allait devenir leur entreprise, Bureo (« vagues » en mapuche, le langage des peuples natifs du Chili). Avec ses 4 270 km de littoral, le Chili constitue le septième territoire de pêche le plus vaste du monde et la mer génère un revenu important pour l’économie locale. Les côtes chiliennes accueillent également l’un des écosystèmes marins les plus productifs au monde, un écosystème qu’il faut évidemment protéger.
L’idée de Bureo est de privilégier un circuit court pour recycler les filets de pêche abandonnés afin de préserver la faune et la flore maritimes du pays.
Pour cela, la jeune entreprise a mis en place le programme Net Positiva, qui comprend un réseau d’une vingtaine de points de collecte des filets dans tout le pays.
 

3 m2 de filets pour un skateboard

Depuis son démarrage, la société a ainsi récolté 80 tonnes de filets. Les filets sont nettoyés, mis en lambeau puis passés dans une « granuleuse », machine qui permet d’obtenir des petites billes de matériau qui seront ensuite pressées à Santiago du Chili dans un moule en acier. Il faut 3 m2 de filets pour fabriquer un skateboard. Une méthode qui permet de réduire de 70 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport à la fabrication classique d’un skateboard. Les roues sont quant à elles constituées à 30 % d’huile végétale et dotées d’un mécanisme 100 % recyclé. Une fois finalisées, les planches en forme de long poisson aux écailles colorées se vendent entre 130 et 200 dollars.

« De la mer à la rue », c’est le « mantra » de la société aujourd’hui basée à Santiago du Chili et à Ventura, en Californie.
Aujourd’hui, Bureo voit encore plus loin. Ben, David et Kevin ont décidé d’élargir leur « gamme » de produits en fabriquant aussi des ailerons pour planches de surf à base de filets de pêche recyclés. En outre, ils ont signé récemment un accord avec la célèbre marque de planches Carver pour produire à plus grande échelle leurs skateboards durables. Une bonne chose, comme l’explique David Stover : « À l’heure actuelle, nous avons des filets de pêche à ne plus savoir qu’en faire. Si la matière première vient à manquer, c’est qu’on sera parvenus à notre objectif. »

 

 

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