Cuisiner sans émissions grâce au soleil

Publié le 27 août 2020

Écologique, économique et saine, la cuisine solaire séduit de plus en plus d’individus soucieux d’alléger leur empreinte environnementale et leur facture énergétique tout en explorant de nouvelles pratiques éco-citoyennes.

Faire griller des brochettes de poulet à l'intérieur d'une grande parabole en aluminium ou mijoter les légumes du potager dans un drôle de four installé sur la terrasse... Ça ressemble à ça, la cuisine solaire !

La cuisson solaire, de quoi s’agit-il ? Cela consiste à tirer parti des rayons solaires, convertis en chaleur, pour cuire une grande variété d’aliments. Il existe principalement deux types de systèmes : le cuiseur solaire parabolique (également appelé barbecue solaire) et le four solaire.

Le barbecue solaire est l’un des dispositifs les plus efficaces. Il s'utilise comme une cuisinière à gaz classique ou une plaque de cuisson électrique. Il concentre les rayons du soleil à l'aide de miroirs et les fait converger vers un point focal, le foyer, où l’on place une poêle, une casserole ou tout autre ustensile de cuisine.

Le modèle le plus connu est probablement l’alSol 1.4, produit en Espagne par l’entreprise Alsol. Facile à monter et résistante, la cuisinière alSol est fabriquée avec des composants sélectionnés pour leur durabilité, comme son réflecteur en aluminium entièrement recyclable.
Le four solaire, lui, consiste à faire cuire les aliments lentement à l’intérieur d’une caisse isolée en créant un effet de serre. Ici, un réflecteur permet aussi de concentrer les rayons du soleil, mais il est associé à un mécanisme d’accumulation de la chaleur.

L'intérieur du four se réchauffe lentement et atteint une température stable d’environ 150°C en une trentaine de minutes. La cuisson est certes beaucoup plus lente qu’avec un four classique, mais tout aussi efficace. On peut citer le Sun Oven, un classique des fours solaires développé aux États-Unis au début des années 1980.

Nutrition sans émissions

Ces équipements solaires permettent de cuisiner sans émissions ; ils ne dégagent pas de CO2, car ils ne consomment pas de combustibles fossiles. A contrario, l'utilisation d'une gazinière pendant un an produit près de 38 kg de CO2, selon une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) publiée en 2017.
Une famille qui utilise un cuiseur solaire peut donc espérer alléger son empreinte écologique – d’autant que l'ensoleillement est particulièrement généreux dans certains pays, voire excédentaire certaines périodes –, mais aussi sa facture énergétique.

Autre avantage, non négligeable, le mode de cuisson doux induit par le solaire, permet également de préserver la valeur nutritive des aliments. 

 

 

Une solution pour l’Afrique ?

L’impact de la cuisson solaire s’évalue aussi dans un autre contexte, celui des pays en développement. En Afrique subsaharienne, par exemple, le bois énergie est la principale source d’énergie. Les ménages utilisent le bois de feu et le charbon de bois pour la cuisson des aliments et le chauffage des habitations, ce qui contribue à aggraver la déforestation et les émissions de gaz à effet de serre dans certaines zones, et comporte des risques sanitaires pour la population en raison des fumées nocives dégagées.
Des équipements solaires, simples à installer et peu coûteux, pourraient atténuer le problème.