Les Alchimistes, les pionniers du compostage en circuit court

Publié le 05 janvier 2021

Offrir une seconde vie à nos déchets alimentaires en les transformant en un compost commercialisable, c’est le projet depuis plusieurs années déjà de cette entreprise solidaire d’utilité sociale qui fait rimer circularité et proximité.

Les Alchimistes œuvrent pour remettre à la mode cette technique naturelle qui permet de réduire drastiquement nos poubelles.

Le plus souvent, les déchets alimentaires sont incinérés ou enfouis. Ce n’est pas une fatalité, une autre solution existe : le compostage. C’est-à-dire la dégradation et la décomposition des matières organiques par des organismes vivants (bactéries, vers, insectes, champignons…). En résulte une matière organique : le compost, utilisé pour fertiliser les sols. Un processus naturel d’économie circulaire !

Le compostage, c’est aujourd’hui l’activité des Alchimistes, une entreprise solidaire d’utilité sociale créée en 2016, dont le métier est la collecte et le compostage des déchets alimentaires urbains en circuit court pour recréer des sols fertiles localement. Installés en région parisienne, ces précurseurs du compost urbain avaient, lors de leur création, l’objectif de démontrer la viabilité d’un système de collecte et de valorisation des biodéchets en circuit court grâce à un processus micro-industriel.

Compostage « à l’échelle »

Aujourd’hui, le compostage est intégré dans la loi anti-gaspi pour une économie circulaire de février 2020, qui vise à rendre obligatoire le tri à la source des biodéchets pour les particuliers et professionnels à horizon 2023. Et les Alchimistes sont passés de l’expérimentation à un développement « à l’échelle ». Présents dans plusieurs villes et territoires français, ils proposent désormais un service allant de la collecte des déchets à la vente de compost en circuit court.

La collecte des déchets se fait la plupart du temps à vélo et dans un rayon de 15 km autour du site de compostage. Le ramassage s’effectue auprès des clients professionnels (restaurateurs, grandes surfaces, écoles, hôpitaux…), et depuis peu auprès des particuliers grâce à un système de bornes de collecte. Et si vous n’avez pas de point de collecte près de chez vous pour jeter vos déchets alimentaires, rien de plus simple, passez le message à vos voisins : dès vingt-cinq demandes dans le quartier, une borne est installée.

Une fois collectés, les déchets sont broyés puis entreposés dans des cuves électromécaniques. La dégradation des déchets est accélérée grâce à ce système micro-industrialisé. Le process permet de fabriquer du compost en huit semaines au lieu de neuf. Un gain de temps qui permet une rotation des déchets plus rapide et par conséquent des quantités compostées plus élevées qu’avec un processus naturel.
In fine, « Le compost d’ici » est commercialisé dans les points de vente locaux, et la boucle est bouclée.

Prochaine étape, les couches-culottes

Devenus en quelques années des experts de la valorisation des biodéchets, les Alchimistes s’attaquent à un nouveau déchet non valorisé, pourtant déjà composé à 75 % de matières organiques, et que l’on trouve dans nos poubelles : les couches jetables des bébés. Le projet en cours d’expérimentation, baptisé « Les couches fertiles », vise à fabriquer du compost, et à étudier ses caractéristiques, à partir des couches usagées collectées dans une dizaine de crèches parisiennes.