Crédit Findhorn

Viens chez moi, j’habite dans une cuve de whisky !

Bienvenue dans l’étonnant écovillage de Findhorn, en Écosse, où les habitants vivent en parfaite harmonie avec la nature et ont élu domicile à l’intérieur d’immenses cuves de whisky en bois recyclées.

Aujourd’hui, Findhorn compte une dizaine de « cuves habitables » qui contribuent à diminuer l’empreinte écologique de l’écovillage.

Au nord de l’Écosse, l’écovillage de Findhorn, l’un des tout premiers d’Europe, compte plus de 500 habitants. Ici, rien ne se perd, tout se transforme. Dans la région qui concentre le plus grand nombre de distilleries au monde, il était tout naturel de chercher à valoriser leurs déchets. L’histoire remonte aux années 1960...

En 1962, Peter et Eileen Caddy, leurs trois enfants, et Dorothy Maclean s’installent dans un parc à caravanes près du petit village côtier de Findhorn. Pour nourrir sa famille, Peter Caddy tente d’y cultiver des légumes. En vain. La terre est sèche et sableuse.

Miracle

Incultivable ? C’était compter sans Dorothy Maclean et ses dons pour la culture potagère ! Bientôt le miracle se produit, de beaux végétaux sortent des dunes, en particulier de gigantesques choux de 20 kg, qui attirent les experts horticoles et quelques journalistes venus immortaliser la prodigieuse récolte. La légende de Findhorn était née.

Une petite communauté va progressivement se développer autour des Caddy et de Dorothy. Une communauté qui atteint 300 membres dans les années 1970 et 1980 et va se structurer par la création de l’ONG Findhorn Foundation. Au milieu des années 1980, Findhorn évolue avec le lancement du projet d’écovillage.

Deuxième vie

C’est Roger Douda, un activiste américain, qui aura l’idée de donner une deuxième vie aux fûts de whisky usagés en les transformant en habitations. « J’étais allé récupérer du bois à brûler dans une tonnellerie à 10 miles au sud de Findhorn, et ils m’ont emmené dans cet entrepôt où ils avaient désassemblé de grandes cuves de chez Haig and Haig », raconte-t-il à CNN.

Au bout de soixante ans, ces énormes tonneaux en bois, dans lesquels on procède aux assemblages de whisky, deviennent hors d’usage. « Je me souviens qu’ils étaient destinés à une usine de placage. Les nombreuses façons dont nous pourrions les utiliser autrement ont alors germé dans mon esprit. » Roger Douda construira le premier modèle de maison en tonneaux de whisky en 1986.

Ces drôles de maisons sont isolées grâce à des matériaux de récupération : de la paille, des pneus et des pierres, et certaines d’entre elles sont pourvues d’un toit végétalisé. Aujourd’hui, Findhorn compte une centaine d’habitations écologiques, dont une dizaine de « cuves habitables », qui contribuent à diminuer l’empreinte écologique de l’écovillage.

D’après des mesures réalisées en 2006 par le Stockholm Environment Institute de York, cette empreinte serait deux fois moins élevée que celle du Royaume-Uni et de l’Écosse.

Parmi les nombreuses initiatives mises en place pour parvenir à ce résultat, les habitants de Findhorn ont installé des éoliennes qui alimentent le village en électricité, une chaudière biomasse de 250 kW et des chauffe-eau solaires.

« Living Machine »

Les eaux usées sont traitées sur place, grâce à un système écologique baptisé « Living Machine ». Ce procédé naturel, inventé par le scientifique canadien John Todd, repose sur une série de bassins contenant différents écosystèmes (bactéries, algues, micro-organismes, escargots, poissons, etc.) qui purifient l’eau.

Et bien sûr, pour respecter « l’esprit des fondateurs », la communauté garantit son autosuffisance alimentaire grâce à des potagers communautaires, cultivés en permaculture, une forme d’agriculture inspirée de l’écologie naturelle et de la tradition.

Pour toutes ces raisons, Findhorn est devenu une référence pour tous les écovillages qui se sont développés à travers le monde.

Image principale : Crédit Findhorn

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