Serge Ferrari

Un nouveau souffle pour les toiles composites

Le groupe Serge Ferrari, fabricant de membranes composites, a créé sa propre filière de recyclage, Texyloop, pour transformer ses produits usagés en nouvelles matières premières.

Après les JO de 2012, le London Stadium a été entièrement démonté. Ses 33 000 m2 de toit en composites souples Serge Ferrari ont été recyclés en tapis de culture ou en couches de filtration.

Quand on entend son nom pour la première fois, on pense à de rutilantes cylindrées. Fausse piste : l’entreprise Serge Ferrari est réputée dans le bâtiment pour ses membranes composites souples de polyester et de PVC qui, telles de majestueuses voiles de bateaux, sont capables d’apporter de la légèreté aux édifices.

Dans le monde entier, elles habillent des stades olympiques ou de football, des quais de gare, et d’autres ouvrages monumentaux. Elles s’invitent aussi dans les maisons comme stores de fenêtres, de vérandas, voiles d’ombrage. Elles deviennent mobilier design, ou toiles composites dans le domaine du yachting.

Le groupe Serge Ferrari a une autre particularité : il demeure le seul industriel de sa catégorie à avoir structuré sa propre filière de recyclage, baptisée Texyloop.

Pionnier de l’économie perma-circulaire

Pour ce fabricant, l’aventure a démarré en 1998. Convaincu des avantages d’une économie perma-circulaire reposant sur quatre leviers ‒ réduction, réutilisation, refabrication et recyclage ‒, Serge Ferrari prend alors conscience qu’il n’existe aucune filière de valorisation de ses produits, une fois usagés.

Il décide d’abord de créer un réseau de collecte auprès de professionnels qui transforment ses toiles. Aujourd’hui, pas moins de 136 entreprises adhèrent à ce dispositif dans toute la France.

Ensuite, pour valoriser cette matière récupérée, Serge Ferrari installe une unité de recyclage dédiée à Ferrare, en Italie. Sur ce site, les déchets de toiles subissent un traitement en boucle fermée, à base de solvants. Ces derniers opèrent une dissolution sélective qui sépare le PVC du polyester et de la toile.

Une fois recyclées, ces nouvelles matières premières sont réinjectées dans l’industrie sous forme de granulats de PVC et de fibres de polyester coupées, pour devenir membranes d’étanchéité, pare-chocs, semelles, tuyaux et même tissus pour vêtements...

Grâce au procédé Texyloop qui érige en filière la nouvelle vie de ces membranes, plus de 9 millions de mètres carrés de toiles usagées ont été collectés fin 2016.

Serge Ferrari

Collecter directement chez le particulier

En 2017, Serge Ferrari passera un nouveau cap. Désormais, c’est auprès du grand public que l’industriel va collecter ses toiles utilisées dans l’habitat. Il vient donc de créer un réseau dédié, auprès de revendeurs et installateurs de stores et protections solaires pour la maison.

Bien sûr, le but premier est d’accroître la visibilité de la marque auprès du grand public. Mais en devenant partenaires de ce réseau, les membres doivent aussi adhérer au dispositif Texyloop de recyclage, et collecter pour le compte du groupe Serge Ferrari les toiles qu’ils auront installées chez les particuliers.

De quoi étendre encore la démarche de ce fabricant, fervent défenseur d’une esthétique respectueuse de l’environnement, et qui compte ainsi éveiller les consciences aux vertus de l’économie circulaire.

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Image principale : Serge Ferrari

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