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MELiSSA, un écosystème circulaire pour aller sur Mars !

L’Agence spatiale européenne travaille à la conception d’un écosystème circulaire permettant de recycler les déchets dans l’espace tout en produisant les vivres nécessaires à un périple spatial de longue durée.

Un écosystème artificiel complet qui reproduit à petite échelle et à vitesse rapide les cycles de vie naturels de la Terre.

Aller sur la planète Mars : thème de prédilection des œuvres de science-fiction, ce rêve nourrit l’imaginaire humain depuis que Neil Armstrong a posé le pied sur la Lune en 1969. Voilà qui pourrait bien devenir réalité dans les prochaines années. Des chercheurs de l’Agence spatiale européenne (ESA) travaillent à la conception d’une boucle d’économie circulaire permettant de recréer les conditions de la biosphère dans un vaisseau spatial. De quoi subvenir aux besoins des astronautes lors de voyages au long cours.
 

30 tonnes pour 6 personnes : mission impossible

Pour rester en vie dans l’espace, un homme a besoin chaque jour d’environ 1 kg de nourriture, 1 kg d’oxygène et 3 kg d’eau. Sachant qu’un aller-retour sur Mars dure 3 ans, il faudrait donc embarquer 30 tonnes de ressources pour un équipage moyen de 6 personnes. Mission impossible d’un point de vue technique : les vaisseaux sont trop petits et les réacteurs pas assez puissants pour faire décoller une telle charge. Seule solution : recycler les déchets en ressources au fur et à mesure du voyage.
Créé en 1989 par l’ESA, le projet MELiSSA vise précisément à mettre au point un circuit fermé qui valorise tout ce que les astronautes rejettent (restes de repas, CO2, urine, excréments), de manière à produire ce dont ils ont besoin pour vivre (eau, nourriture, oxygène). Un écosystème artificiel complet qui reproduit à petite échelle et à vitesse rapide les cycles de vie naturels de la Terre.
 

Une biosphère miniature à Barcelone

L’écosystème MELiSSA a été inauguré en 2009 au sein de l’université autonome de Barcelone (UAB). Quarante rats – consommant à eux tous autant d’oxygène qu’un humain – y ont été introduits. Leurs déchets organiques sont recyclés et liquéfiés par des bactéries qui les transforment en substances pouvant être réutilisées : CO2, nitrate, sels minéraux. Chacune de ces substances sert d’engrais pour faire pousser des plantes dans des serres artificielles.
Les plantes sont soigneusement choisies pour leurs vertus, comme la spiruline, qui a l’avantage d’être un super-aliment riche en vitamines et qui dégage beaucoup d’oxygène. En effet, lorsqu’elles poussent, les plantes rejettent de l’oxygène par le processus de photosynthèse, ainsi que de la vapeur d’eau. Les ressources de la serre permettent donc d’alimenter les rats en nourriture, en oxygène et en eau potable.
 

Des transferts de connaissances en économie circulaire

Il s’agit maintenant de prouver que l’écosystème fonctionne sur le long terme et surtout sans contamination microbienne. MELiSSA doit être en mesure de recycler 100 % du CO2 rejeté et de produire 100 % de l’oxygène, ainsi que 20 % des apports en nourriture nécessaires à un humain. Il faudra encore attendre une cinquantaine d’années pour s’assurer que la technologie MELiSSA est viable et l’envoyer dans l’espace.
Il s’agit là de l’un des circuits courts d’économie circulaire les plus élaborés. Les recherches et innovations menées à l’UAB permettent ainsi de faire des transferts de connaissances du spatial vers le terrestre. Par exemple, certaines stations d’épuration utilisent aujourd’hui les procédés de nitrification des eaux usées mis au point par MELiSSA. C’est ce qui s’appelle faire d’une pierre deux coups : l’économie circulaire nous aide à partir à la découverte d’une autre planète tout en prenant davantage soin de la nôtre.

EN SAVOIR PLUS
https://livingcircular.veolia.com/fr/le-saviez-vous/lightsail-le-satellite-voile-solaire

 

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