L’Islande, eldorado de l’énergie durable

Avec son utilisation de l’hydroélectricité et de la géothermie, l’Islande indique la marche à suivre en matière de production et de consommation d’énergies renouvelables.

Islande, terre de feu et de glace. On ne saurait mieux résumer cette petite île de 330 000 habitants située dans l’Atlantique nord, à la rencontre des plaques tectoniques américaine et eurasienne. Un emplacement géographique et géologique qui permet à l’Islande d’être le premier pays consommateur d’énergie renouvelable et non polluante au monde, grâce notamment à la géothermie et à l’hydroélectricité.
Avec ses deux cents volcans – dont cent trente actifs –, l’Islande possède l’une des activités volcaniques les plus importantes sur Terre, générant ainsi une énergie thermique importante, que se chargent de transformer les cinq stations géothermales du pays.

Leader mondial

Grâce à ce procédé, l’Islande produit la quasi-totalité de l’énergie nécessaire au chauffage urbain (neuf maisons sur dix sont chauffées grâce à cette énergie), et un peu plus d’un quart de l’électricité du pays. Le reste de l’électricité est produit grâce à l’eau issue de la fonte des glaciers (qui recouvrent un dixième du pays). Celle-ci est transformée en énergie hydroélectrique via les huit centrales que compte l’Islande.
L’île est ainsi le premier producteur mondial d’énergies renouvelables par habitant : 55 000 kWh par an (contre 60 000 en moyenne dans les pays de l’Union européenne).
La géothermie et l’hydroélectricité permettent également le développement de la pisciculture, de l’industrie agroalimentaire et de la culture sous serre. Et l’Islande ne manque pas de ressources : encore sous-exploitée, l’énergie éolienne s’annonce très prometteuse sur un territoire battu par les vents.

Des universités de pointe

L’eldorado énergétique islandais résulte d’une prise de conscience des pouvoirs publics et des industriels. Jusque dans les années 1970, l’Islande utilisait essentiellement du fioul et du charbon pour chauffer les maisons ainsi que du pétrole, principalement importé, pour faire fonctionner ses transports.
Depuis, l’Islande a « éduqué » ses habitants et l’archipel ne compte pas moins de trois universités offrant des formations sur les énergies renouvelables : l’université d’Islande, la RES (The School for Renewable Energy Science) d’Akureyri et l’ISE (Iceland School of Energy) de Reykjavik. La RES, mondialement connue, propose quatre spécialisations : énergie géothermique, pile à combustible et hydrogène, biocarburants et politique des énergies renouvelables.
Prochain défi pour l’Islande ? Réduire encore le recours au pétrole et au charbon. Les transports dans le pays sont essentiellement routiers et les combustibles fossiles constituent encore 13 % de la consommation énergétique nationale. C’est pourquoi l’Islande investit fortement dans les voitures autonomes et les biocarburants. Avec un objectif : devenir le premier pays indépendant en ressources fossiles et polluantes d’ici à 2050.

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AUTEUR : Matthieu Rostac


 
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