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De la lumière en bouteille

L’ONG Liter of Light a mis au point une « bouteille solaire ». Une invention lumineuse qui permet de réduire les volumes de déchets plastiques tout en améliorant le quotidien des populations défavorisées.

Si vous vous baladez dans certaines rues de Manille ou de Dakar, ne soyez pas surpris de croiser de drôles de lampadaires au bout desquels pendent des bouteilles en plastique. C’est l’idée de l’organisation non gouvernementale Liter of Light (« Un litre de lumière »), dont l’ambition est d’apporter la lumière là où elle manque. Au total, on estime aujourd’hui que 1,5 milliard de personnes n’y ont pas accès. Soit parce qu’elles ne sont pas raccordées aux infrastructures, soit parce que l’électricité coûte trop cher. Heureusement, il existe une source d’énergie alternative, gratuite et facile à utiliser : le soleil.

Liter of Light est née en 2011 aux Philippines, où Illac Diaz, son fondateur, cherchait un moyen de combattre deux fléaux de son pays : la pollution liée aux déchets plastiques et l’obscurité dans les bidonvilles bien souvent construits sans fenêtres. Il a alors eu l’idée de surcycler les bouteilles en plastique usagées en lampes solaires.

Le procédé est on ne peut plus simple. Il suffit de remplir la bouteille d’eau et d’un peu d’eau de Javel – pour éviter la formation de bactéries –, puis de la fixer sur le toit des habitations à travers un trou percé dans la tôle ondulée. Les rayons du soleil sont réfractés par l’eau, ce qui permet un éclairage d’une intensité équivalente à une ampoule de 50 W.
 
Face au succès de cette installation, l’ONG a rapidement fait évoluer son invention originale, notamment pour permettre aux populations d’avoir accès à la lumière également la nuit. Pour cela, les équipes de Liter of Light ont agrémenté les bouteilles d’un système très simple constitué d’un petit panneau solaire, d’un tube de PVC, d’un circuit, d’une batterie rechargeable et d’une ampoule LED. Des pièces disponibles localement pour environ 10 dollars. Le panneau capte l’énergie solaire toute la journée et l’ampoule LED diffuse la lumière la nuit dans le logement.
 
Sur le même principe, l’ONG a créé des lampadaires destinés à l’éclairage public. Une petite révolution pour les populations qui en bénéficient. En effet, avoir de la lumière la nuit, dans les rues ou les maisons, cela signifie moins de criminalité, mais aussi la possibilité pour les adultes de poursuivre leurs activités tard le soir, et pour les enfants de faire leurs devoirs chez eux.
 
Les plans de cette bouteille solaire sont disponibles pour tous. L’ONG incite également les communautés à fabriquer leurs propres lampes dans le but de développer une activité économique locale. Elle prête les pièces nécessaires à la conception des premières lampes et demande un remboursement lorsque l’activité commence à générer un revenu.
Aujourd’hui, Liter of Light éclaire 350 000 foyers dans plus de 15 pays. Pari réussi donc pour Illac Diaz, qui est parvenu à faire d’un déchet une source d’énergie et d’espoir pour des centaines de milliers de personnes.


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